Quand un proche décède, une question revient très vite, entre deux démarches administratives et trois coups de fil au notaire : combien de temps pour toucher l’argent d’une succession ? Entre les délais légaux, les lenteurs administratives et quelques grains de sable (souvent familiaux…), il est parfois difficile d’y voir clair. Décortiquons ensemble, de façon simple et concrète, ce qui se passe entre le décès et l’arrivée effective des fonds sur le compte des héritiers.
Combien de temps pour toucher l’argent d’une succession en pratique ?
En réalité, tout dépend de la complexité du dossier, mais on peut dégager trois grandes situations :
- Succession simple (peu d’héritiers, pas de conflit, patrimoine surtout en liquidités) : l’argent est généralement versé dans un délai de 3 à 6 mois après le décès.
- Succession standard avec immobilier (compte bancaire + un logement à vendre ou à partager) : comptez plutôt 6 à 12 mois, le temps d’évaluer et parfois de vendre les biens.
- Succession complexe ou conflictuelle (nombreux héritiers, désaccords, donations passées, dettes, société, patrimoine international) : les délais peuvent facilement grimper entre 1 et 2 ans, voire davantage en cas de procédures judiciaires.
Autrement dit, si vous espériez voir les fonds sur votre compte sous 15 jours, vous avez plus de chances de gagner au Loto. En revanche, comprendre le calendrier d’une succession permet souvent de réduire les délais… ou au moins de limiter le stress.
Les grandes étapes avant de toucher l’argent de la succession
Pour comprendre d’où viennent les délais, il faut regarder la mécanique de la succession. Avant que l’argent arrive aux héritiers, plusieurs étapes s’enchaînent :
- 1. Le décès et les premières démarches
Obtention de l’acte de décès, information de la banque, des assurances et du notaire, vérification de l’existence éventuelle d’un testament. Cette phase prend généralement de quelques jours à quelques semaines. - 2. Identification des héritiers
Le notaire établit un acte de notoriété qui liste les héritiers. Il doit parfois rechercher des héritiers éloignés, ce qui peut rallonger les délais. - 3. Inventaire et évaluation du patrimoine
Comptes bancaires, contrats d’assurance-vie, biens immobiliers, parts de sociétés, dettes… Le notaire chiffre l’actif et le passif. La présence d’un bien immobilier impose souvent une estimation, voire une expertise. - 4. Détermination du partage
Selon la loi et éventuellement le testament, le notaire calcule la part de chaque héritier. Si tout le monde est d’accord, on avance vite ; s’il y a contestation, la machine se grippe. - 5. Déclaration et paiement des droits de succession
Les héritiers doivent déposer une déclaration de succession et payer les droits dans un délai de 6 mois après le décès pour un décès en France métropolitaine (1 an dans certains cas particuliers, notamment pour certains décès à l’étranger). - 6. Versement des liquidités
Une fois les droits de succession réglés et les formalités accomplies, le notaire peut enfin procéder au déblocage des fonds et au virement des sommes dues à chaque héritier.
Chaque étape est relativement logique… mais chacune peut se transformer en zone de turbulences si un détail coince.
Le rôle (central) du notaire dans le déblocage des fonds
Vous l’aurez compris : pas de succession liquide sans notaire, sauf rares cas très simples. Son rôle est double :
- Sécuriser juridiquement : vérifier qui hérite, appliquer le testament, respecter les règles de réserve héréditaire, s’assurer que les créanciers et le fisc ne sont pas lésés.
- Gérer les flux financiers : centraliser les fonds sur le compte de l’étude, payer les dettes et les droits, puis répartir le solde entre les héritiers.
Point important : il n’existe pas de délai légal imposé au notaire pour terminer une succession. En revanche, il reste tenu à une certaine diligence professionnelle. Si vous avez l’impression que « rien n’avance », il est légitime de :
- demander un point d’étape détaillé (ce qui a été fait, ce qui bloque, ce qui reste à faire) ;
- solliciter un calendrier prévisionnel des prochaines démarches ;
- en dernier recours, envisager une mise en demeure ou un changement d’étude dans les cas extrêmes.
Dans la majorité des dossiers, un notaire réactif et des héritiers organisés permettent un versement des fonds dans les fameux délais de 3 à 6 mois pour les successions simples.
Pourquoi l’argent de la succession peut-il être bloqué ?
Plusieurs facteurs expliquent que l’argent d’une succession reste « coincé » sur le compte du notaire (ou de la banque) au lieu d’arriver sur votre compte :
- Droits de succession non réglés
Tant que les droits ne sont pas intégralement payés, le notaire peut conserver une partie ou la totalité des liquidités afin de garantir le paiement au fisc. - Litiges entre héritiers
Un désaccord sur le partage (valeur d’un bien immobilier, contestation d’une donation antérieure, remise en cause d’un testament…) peut retarder longtemps le versement des fonds. - Patrimoine essentiellement immobilier
Si l’essentiel de l’héritage est constitué d’un logement ou d’un immeuble, il faut parfois vendre le bien pour dégager des liquidités. Entre estimation, mise en vente, négociation, compromis et acte authentique, on peut facilement dépasser 12 mois. - Découvert bancaire ou dettes importantes
Les dettes du défunt (crédits, impôts, charges de copropriété, etc.) sont d’abord réglées sur l’actif successoral. La succession peut donc être bloquée le temps d’identifier toutes les créances. - Démarches administratives longues
Certains organismes (assurances, banques, caisses de retraite) peuvent prendre plusieurs semaines à traiter les demandes, surtout si des pièces manquent ou sont mal complétées.
Résultat : vous avez parfois l’impression que tout le monde vous doit de l’argent… sauf que personne ne vous le verse. D’où l’intérêt d’anticiper et d’accompagner le notaire en fournissant rapidement les documents nécessaires.
Peut-on toucher une partie de l’argent avant la fin de la succession ?
Bonne nouvelle : dans certains cas, il est possible de percevoir une partie des fonds avant la clôture définitive de la succession, notamment :
- Avances sur héritage : le notaire peut verser des acomptes aux héritiers si les liquidités disponibles permettent de le faire tout en couvrant les frais et droits fiscaux prévisibles.
- Assurance-vie : les capitaux d’assurance-vie versés à un bénéficiaire désigné ne font en principe pas partie de l’actif successoral. Ils peuvent donc être débloqués plus rapidement, sous réserve de fournir les pièces exigées par l’assureur.
- Comptes bancaires : après accord du notaire et de la banque, certains montants peuvent être versés aux héritiers si la situation est claire et non conflictuelle.
Dans tous les cas, demandez au notaire si une avance est envisageable, en particulier si vous devez financer des frais urgents (obsèques, travaux indispensables dans un bien immobilier, remboursement de prêt, etc.).
Que faire de l’argent une fois la succession versée ?
Toucher l’argent d’une succession, c’est bien. En faire quelque chose d’intelligent, c’est mieux. Une partie peut servir à sécuriser votre situation (rembourser un crédit, constituer une épargne de précaution), mais c’est aussi souvent l’occasion de préparer un investissement immobilier.
Selon votre projet, vous pouvez par exemple :
- investir dans un parking ou un box, souvent accessible avec un budget modéré et une gestion simplifiée, en vous aidant d’un guide pratique pour investir dans un parking avec un petit budget qui rapporte ;
- ou approfondir la question de la rentabilité nette de votre investissement locatif pour éviter de dilapider cet héritage dans un projet mal dimensionné, en vous appuyant sur un guide complet pour calculer et optimiser votre rendement.
En bref : le temps pour toucher l’argent d’une succession est rarement immédiat, mais une fois les fonds sur votre compte, vous avez une vraie carte à jouer pour renforcer durablement votre patrimoine. Et là, promis, attendre quelques mois peut valoir largement le coup.
